Œuvres d'art, timbres, vin, voitures de collection... Des placements en or

Au-delà des socles traditionnels du patrimoine que sont l'immobilier, les actifs financiers et l'assurance-vie, d'autres placements de diversification (et de plaisir) trouvent naturellement leur place dans la composition d'un patrimoine.


euro artenumisTIMBRES, vins, parts de groupements fonciers viticoles (GFV), voitures anciennes, mais aussi, oeuvres d'art et antiquités sont devenus des éléments importants du patrimoine par la valeur qu'ils apportent au fil du temps, tout comme le plaisir de les posséder. S'ils sont de nature différente, ils ont cependant un point commun : se valoriser avec le temps. C'est sans doute pour cela qu'ils sont dénommés placements plaisir !



Des dents parfaites

Comparé aux placements traditionnels type livrets bancaires, Sicav, FCP, obligations, actions, assurances-vie et même immobilier, les timbres-poste offrent un rendement supérieur à 5 % par an. Performance d'une régularité exemplaire sur cinq, dix, vingt ans... Voilà qui n'est pas inintéressant pour un investissement de moyen-long terme.
A titre d'illustration, Stanley Gibbons a lancé un fonds d'investissement consacré aux timbres rares de tous pays, dont l'indice de référence, le GB30, a progressé de plus de 280 % depuis 1998. Cet indice mesure l'évolution des prix de trente timbres britanniques. L'investissement minimal requis est de 20 000 livres sterling (soit 30 000 euros environ), avec une commission de souscription de 5 %. Au terme de cinq années, les timbres sont revendus et les fonds retournés aux actionnaires. Pour réaliser une collection qui se valorisera, il ne faut pas se disperser et se fixer un choix : pays, thème, chronologie... La collection doit être suivie, il est recommandé qu'il y ait le moins de timbres manquants sur la plus longue période possible, au moins dix ans d'histoire et de vécu.
Les périodes classique (1849-1900) et semi-moderne (1900-1940) restent les plus recherchées. Mais les collections sont de plus en plus spécialisées, liées à des lieux, des périodes, voire des moments de l'histoire, comme ces fameuses lettres acheminées par ballon entre septembre 1870 et janvier 1871, lorsque la France était sous occupation prussienne. Les colonies françaises prennent également
de l'ampleur.
 
S'ils sont de nature différente, les placements plaisir ont un point commun: se valoriser avec le temps.

 
A noter les pays très tendance en ce moment : Chine, Brésil ou encore le Sud-est asiatique soutenus par leur fort développement économique et l'évolution du niveau de vie de leurs habitants.
Le timbre est avant tout un vecteur de culture important, il traverse les changements de monnaies et est un patrimoine qui se transmet de génération en génération.
«Au-delà de la collection choisie, il ne faut pas hésiter à aller chercher des variétés, telles que les timbres de la poste aérienne, des préoblitérés, des timbres dits après-catalogue, précise Renaud Varga, secrétaire général de la Chambre syndicale des négociants et experts en philatélie (Cnep), président de Vincennes Philatélie. Quel que soit le choix opéré, l'acquéreur doit être exigeant sur la qualité et s'adresser à un professionnel ayant pignon sur rue. Lui seul est à même de détecter un défaut, un faux-, un timbre de piètre qualité, surchargé, ce que ne voit pas forcément un néophyte. Si le timbre vendu par ses soins n'est pas de la qualité recherchée, le professionnel se doit de le reprendre et de le remplacer. Il est, par ailleurs, recommandé de s'entourer de garanties et d'exiger un certificat pour tout timbre d'une valeur supérieure à 100 €. » Sur le plan fiscal, les collections de timbres sont exonérées d'impôt de solidarité sur la fortune.


Un timbre de la Guyane britannique 
vendu 7,1 millions d'euros
timbre de la Guyane britanniqueUn minuscule timbre octogonal datant du XIX' siècle, le One-Cent  Magenta, a été vendu mardi 17 juin, à New York, pour 9,5 millions de dollars (7,01 millions d'euros) pulvérisant le précédent record pour un timbre aux enchères. Exemplaire unique, il avait été estimé entre 10 et 20 millions de dollars par la maison d'enchères Sotheby's. Simplissime, mesurant 2,54 cm sur 3,18 cm, le One-Cent Magenta, imprimé en noir sur fond rouge magenta, arbore le dessin d'un bateau, ainsi que la devise de la Guyane britannique, une ancienne colonie: «Damus Petimus Que Vicissim (Nous donnons et espérons en retour). Il est signé du responsable des postes de l'époque. Le timbre est un habitué des records. Il avait auparavant été vendu trois fois aux enchères et avait «chaque fois, battu un record pour un timbre unique» selon Sotheby's.
Ce timbre exceptionnel, au destin tout aussi exceptionnel, avait été émis en 1856.
Quant aux timbres les plus collectionnés en France, ils proviennent de l'Hexagone, des anciennes colonies françaises, des territoires d'outre-mer, d'Andorre et de Monaco.


Collectionner ou investir? Les deux !
Conjuguer placement et passion est tout à fait envisageable. De merveilleux investissements en art ont été réalisés par des collectionneurs passionnés pour lesquels la question de la rentabilité n'était que secondaire.
Plaisir artistique, plaisir esthétique, la possession d' oeuvres d'art permet d'affirmer une position sociale ; leurs échanges sont associés à la recherche de plus-value, leurs amoncellements à un passeport pour l'éternité.
De tout temps, les oeuvres d'art ont été acquises, transmises, échangées pour des raisons aussi bien artistiques, sociales que financières.
Lorsque l'acheteur est un collectionneur, son regard est davantage porté sur l'oeuvre en elle-même que sur son prix. L'investisseur y trouvera une giganesque diversité de placements qui se distinguent par leur degré de sécurité. de liquidité et de performance espérée. Sans oublier la problématique de la revente. «La vente se fait à l'achat», affirmait justement Warren Buffet. «Les valeurs sûres, des artistes reconnus internationalement, représentés par de bonnes galeries, avec un marché secondaire actif sont des investissements intéressants s'ils sont achetés dans les bonnes conditions avec les conseils de bons experts, précise Sébastien Laboureau, responsable du département Barnes Art, à Miami. Il faut investir, en fonction de ses budgets, de ses objectifs et surtout dans une vision de long terme. Mais avant tout, il faut acheter ce que l'on aime ! Certains artistes latino-américains, la troisième génération des artistes chinois et le Street Art ont de très bonnes perspectives devant eux. Banski et toute la nouvelle génération d'artistes de Street Art ont, à mon sens, un énonne potentiel, car cet art est le Pop art de demain. Sans oublier l'arrivée de la jeune génération d'artistes africains. »


L'une des dernières niches fiscales
Grâce à une fiscalité particulièrement attrayante, le marché de l'art séduit de nombreux investisseurs.
Les oeuvres d'art font partie des rares actifs à ne pas être assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Un particulier disposant d'un patrimoine taxable de 1 350 000 euros doit régler 2 225 euros d'ISF par an. En achetant une oeuvre d'art à 50 000 euros, il est exonéré d'ISF. Avec une économie de 2 225 euros par an, 4,45 % du prix de l'oeuvre est financé tous les ans par sa réduction d'impôt. Par la suite, le plus important, c'est la fiscalité de la revente des oeuvres d'art qui constitue la véritable niche fiscale ! En cas de revente, le contribuable a le choix entre la taxation forfaitaire, à hauteur de 6,5 % du prix de vente du bien, et le régime général, avec l'imposition de la plus-value à hauteur de 34,5 % (19 % + 15,5 % de prélèvements sociaux), moins un abattement de 5 % par an au-delà de la deuxième année. Après vingt-deux années de détention, les oeuvres d'art sont entièrement exonérées de plus-value, hors prélèvements sociaux maintenus jusqu'à un seuil d'exonération de trente ans. Notons également que les ventes inférieures à 5 000 euros ne sont soumises à aucun impôt.
 

 Souce : INVESTISSEMENT CONSEILS juillet-août 2014 - N°771